pauvres de nous 2

Si il n’y avait que les enseignants, les médecins, les infirmières et les conducteurs de bus, finalement on trouverait bien des solutions. Mais il y a bien pire, des manques bien plus graves, des vagues à l’âme sacrément déboussolants. L’ envie d’y aller tous les matins  envolée par exemple, ou cette fatalité de ne plus croire au petit récit des menus bonheurs de la vie locale pas plus qu’au grand récit national sans compter le bon sens et surtout l’humour légèrement teinté d’autodérision qui fait si cruellement défaut à nos amis écologistes et à leurs réseaux si occupés à occuper l’espace médiatique avec des problèmes de virilité autour du barbecue, de déconstruction du pauvre petit récit de leurs misérables vies de nantis, et d’inclusivité grammaticale illisible. Le plus drôle et de loin le plus lucide graffiti de ces dernières années recouvrait une longue palissade route des Romains à Strasbourg: “l’écologie sans lutte des classes c’est que du jardinage “… il n’est pas resté longtemps cela va sans dire , mais ça va aussi en le disant.

pauvres de nous …

On manque de tout! on manque de profs, de conducteurs de bus scolaires, de médecins, d’aides soignants, d’infirmières. 
Mais le plus grand manque est à venir. Les opérateurs de télécom ont la grosse pétoche face aux  procédures de délestages des fournisseurs d’électricité prévus cet hiver …la conséquence c’est les arrêts d’alimentation électrique des installations relais, antennes etc. Panique à bord ! Que des gamins n’aient pas de chauffeurs pour les conduire à l’école où dans certaines zones on ne pourra pas leur servir le seul repas chaud de la journée parce qu’on manque aussi de cuisiniers, le citoyen lambda s’en tape. Ce qui lui importe c’est qu’il ne pourra plus visionner ses conneries américaines en streaming ni afficher sa dernière coupe de cheveux sur les réseaux sociaux. Et les pauvres influenceuses ne pourront plus  délivrer leurs précieux conseils inutiles à leurs fans éplorés. Deux mille ans de civilisation pour en arriver là! Maigre compensation il n’y a que 64,7 millions de français qui ont une saloperie de boulet connecté . C’est que 99% de la population . On traîne loin derrière nos voisins … je suis dans les un pour cent qui restent … j’ai l’habitude… Et on ne peut même plus s’angoisser de ne plus pouvoir appeler les urgences en cas de cessation d’activité des réseaux, elles sont fermées!… Elle a une sale tronche la start up du père Macron! Le bon docteur King avait bien raison, à force de ne pas pouvoir vivre ensemble en gens intelligents , on va tous crever comme des cons!… Peut- être qu’ils vont réinstaller les cabines téléphoniques? ça serait chouette. Une cabine par village avec un opérateur pour filtrer l’accès et un temps d’appel limité. Un appel par jour et par personne. On se croira de retour en Union Soviètique. et puis on re découvrira le charme de passer dire bonjour sans être obligé de prévenir. fini les “t’es où” à la con  dix fois dans la journée….  Tiens on parle moins de la 5G tout à coup.  On dirait pas comme ça mais les colchiques là dans les prés, ça me réjouit pleinement!… Le goût des choses simples , y a que ça de vrai!

petits papiers…

C’est l’un des marronniers de la rentrée, les larbins de la presse nationale nous expliquent à longueur d’articles que le papier est de plus en plus cher, que les imprimeurs et les éditeurs pleurent, que c’est la faute à internet et aux jeunes gens qui lisent de moins en moins, mais aussi aux conteneurs qui sont bloqués en chine et aussi la faute à la guerre en Ukraine, aux feux de forêt etc etc…bref, la faute à pas de chance …et tout en fin d’article ces braves gens ressentant un brin de mauvaise conscience avouent quand même que la solution ce serait de relocaliser les usines de travail du bois pour nous assurer une nouvelle indépendance… comme le reste quoi …Je ne vais pas insulter vos intelligences en vous expliquant que là, une fois encore, on nous prend vraiment pour des quiches… Je vais simplement continuer à dessiner sur un bon vieux canson “C” à grain (180 g, mais le 224 g est bien aussi) avec une belle insouciance n’en déplaise à ceux qui prétendent que c’en est la fin et quand il n’y en aura plus de “c” à grain et bien on retournera les feuilles…

…ni le jardin de son éclat…

Une bien belle idée nous vient de la maison de la Nature Bruche Piémont. Cela s’appelle le Jardins ouverts 2022 et propose de cultiver l’échange en ouvrant nos jardins. C’est ce dimanche 21 août l’après midi, de quatorze heures à seize heures. On y participe avec joie. Le programme est sur mnbruchepiemont.org mais si vous venez avant quatorze heures ou après seize heures on vous accueillera pareil. Et comme on en peut pas toujours dessiner des blagues ou des filles nues je me suis laissé aller à dessiner ce jardin dans lequel il fait si bon vivre. Instantané, dessin d’après nature ça s’appelle. C’est le sureau au fond du jardin …Si, hélas,  on ne peut pas dire que ” le presbytère n’ait rien perdu de son charme”  écrasé par des constructions qui ne font pas vraiment consensus au niveau du goût, le jardin, lui, “n’a rien perdu de son éclat”…  Bonheur, plaisir, partage ..même si tout ça ne nous rendra pas Gaston Leroux…

Ne pas confondre

oui ne pas confondre ascension et assomption. Mais il fallait bien faire un petit dessin d’inspiration mariale la veille du 15 août car demain on fête un autre évènement.

Relire Jules

A nos âges on ne lit pas ou plus, on relit. Jules Renard par exemple, non  pas son poil de carottes, certes très émouvante démonstration que les mères toutes religions confondues peuvent faire de sacrés désastres, mais son journal réédité chez Bouquins et aussi disponible en pléiade. Steiner (Georges pas Rudolf pour une fois) disait qu’il y a deux types de lecteurs, avec ou sans crayon. C’est un peu compliqué avec le journal de Renard car on soulignerait pratiquement tout le bouquin car on attrape une idée à chaque page. Et puis annoter un volume de la pléiade, vous n’y pensez pas! Une mine d’or en quelque sorte. Une de mes pépites préférées: on lui présente Sarah Bernhardt et comme il se tait, impressionné elle lui demande : “et vous monsieur Renard qu’est ce que vous faites? “- “quelque chose de très beau madame, depuis deux minutes je vous écoute …” Et on ose réduire un tel talent à ça et là une misogynie très connotée début de vingtième …

Morale et pot de confiture

Tout cela est parti d’un article de “la décroissance” qui se référait à une chronique de Kairos l’excellente autre revue de la décroissance qui nous vient de Belgique et qui s’étonnait à travers la très rocambolesque et  médiatique  affaire Epstein  (vous savez le fameux pourvoyeur de très jeunes femmes dispendieuses de faveurs sexuelles à des membres éminents du gotha planétaire retrouvé suicidé dans sa cellule haute sécurité américaine) oui qui s’étonnait de la facilité avec laquelle des personnes dont la culpabilité ne faisait aucun doute pouvait grâce à leur puissance financière se refaire une santé médiatiquement morale en créant diverses fondations ou sociétés sur des sujets porteurs comme l’écologie, le développement durable et autres. Et cela en bénéficiant bien entendu d’un relais médiatique à la couverture très efficace. On se disait donc que la morale avait bien évolué car il fut un temps où, c’est bien simple, on ne mettait pas les doigts dans le pot de confiture, car ça ne se fait pas, point barre. Puis vint le temps où si on les mettait et bien il suffisait simplement de ne pas se faire attraper et surtout de nier faute de preuves. L’étape suivante fut, en cas de flagrant délit, de plaider coupable et d’indemniser le propriétaire du pot de confiture. Aujourd’hui c’est devenu encore plus magistral, on nie en bloc avec la brigade d’avocats et on crée une fondation dont le but est la défense de la filière des confitures bio et la bienveillance pour nos frères fruits qui comme nos amis les animaux souffrent de la violence des industriels de la cueillette extensive. On se fait inviter à L’O.N.U et on se choppe l’audience d’un prix nobel et l’absolution qui va avec. Simple et efficace. Tout ça parce que ce gros nul d’ Adam s’est fait chopper  les doigts dans le petit pot de la reine des pommes, quelle histoire!

Histoire de con…combre .

bon on en oublierait presque de rappeler que demain c’est la rue des Arts à Barr comme dab en face du marchand de glace …mais pas de dessin là dessus… seulement sur le jardin des origines …

“La chair est triste (hélas)”

Gros coup de mou dans la presse nationale tous supports confondus. D’habitude les linéaires croulent sous les titres les plus explicites une fois le temps des vacances .Si les cadeaux et la bouffe sont les marronniers du temps de Noël, l’été c’est vraiment le cul qui fait vendre le papier (et pas que le papier cul!) Or, là, petite forme dans les rédactions …Le cul ne ferait il plus vendre? Ou la peur, les peurs, parce qu’entre incendies, canicule, covid et variole du singe on ne sait plus  trop où donner de l’angoisse, seraient elles source de profits plus substantiels?Tout à coup la peur de la fin du gaz russe deviendrait-elle  plus importante que la découverte du point G+? ou  tout savoir sur le massage de prostate…Bon on se sent rassuré quand on apprend que la santé des canadiens est entre de bonnes mains puisque  la cour suprême du Canada a rendu le port du préservatif quasi obligatoire …Durex en a rêvé, Ottawa l’a fait …c’est bon de se sentir protégé …